AFFAIRE ANGOLAGATE

 

 


"Angolagate": Mitterrand et Pasqua dans la ligne de mire

 
              
Le parquet de Paris requiert le renvoi de 42 personnes dans l'affaire de ventes d'armes à l'Angola.

 

Le parquet de Paris a requis mercredi le renvoi en correctionnelle de 42 personnes dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola dont Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ancien président, et l'ex-ministre Charles Pasqua. Ils sont tous soupçonnés d'avoir reçu des pots-de-vin de la part de l'homme d'affaires Pierre Falcone, personnage central de ce dossier de trafic d'armes en provenance d'Europe de l'Est.

Dans son réquisitoire de 500 pages, le procureur demande également le renvoi de l'ex-conseiller de François Mitterrand Jacques Attali, du romancier à succès Paul-Loup Sulitzer, de l'ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani, du député UMP et ancien magistrat Georges Fenech ainsi que de l'associé de Pierre Falcone, Arcady Gaydamak, actuellement en fuite à l'étranger.

 

790 millions de dollars

 

 

Il appartient désormais au juge Philippe Courroye, chargé du dossier, de signer son ordonnance de renvoi devant le tribunal. Le procès pourrait ensuite avoir lieu dans le courant de l'année 2008.

 Dans ce dossier surnommé «Angolagate» par la presse, la justice reproche à Pierre Falcone la vente d'armes au régime angolais en 1993 et 1994, puis, à travers différents avenants, jusqu'en 2000. Les opérations ont été effectuées par l'intermédiaire de sa société Brenco, sans autorisation officielle des autorités françaises, pour un total de 790 millions de dollars.

 Parmi les matériels militaires se trouvaient notamment, des chars, des hélicoptères, des munitions, ainsi que six navires de guerre destinés au régime du président Jose Eduardo Dos Santos, alors en guerre contre l'Unita de Jonas Savimbi. La guerre civile angolaise, qui a duré 27 ans et a fait plus de 500.000 morts, a pris fin en 2002, après la mort de Savimbi.

 les principaux acteurs de l'affaire

 

 Voici les principaux protagonistes de l'affaire des ventes d'armes vers l'Angola dans les années 1990.

- Pierre Joseph Falcone, directeur associé de Brenco International, société soupçonnée d'avoir versé, à l'occasion des ventes d'armes entre 1993 et 2000, plusieurs centaines de milliers d'euros notamment à des dirigeants angolais comme à des Français influents.

- Arcadi Gaydamak, industriel né en Russie, de nationalités israélienne, française, angolaise et canadienne, est soupçonné d'avoir participé à l'opération en tant que partenaire de Falcone.

- Jean-Christophe Mitterrand, 60 ans, fils aîné de François Mitterrand, conseiller aux affaires africaines auprès de son père de 1986 à 1992. Mis en examen, il est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin pour un total de 2,6 millions de FF entre 1997 et 1999.

- Charles Pasqua, 80 ans, sénateur, ancien ministre de l'Intérieur et ancien président du conseil général des Hauts-de-Seine. L'Association France-Afrique Orient (AFAO), dont il était vice-président, aurait reçu de Falcone 1,5 million de FF (230.000 euros). En outre, à titre personnel, M. Pasqua aurait perçu 450.000 dollars.

- Jean-Charles Marchiani, 63 ans. Ex-conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur, il est soupçonné d'avoir apporté son aide à Falcone dans le montage de son commerce en échange d'importantes sommes d'argent.

 

- Paul-Loup Sulitzer, 70 ans, auteur de romans dont l'action se passe souvent dans les milieux de la haute finance. Mis en examen pour "recel d'abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, trafic d'influence", il est soupçonné en particulier d'avoir reçu 380.000 euros de Falcone notamment pour des "conseils en image".

 - Jacques Attali, 63 ans. L'ancien conseiller de François Mitterrand est soupçonné d'avoir usé de son influence auprès d'Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, moyennant 160.000 dollars, pour résoudre les ennuis fiscaux de Falcone.

 - Georges Fenech, député UMP, ancien magistrat et ex-président de l'Association professionnelle des magistrats (APM) a été mis en examen car son association aurait reçu 15.200 euros en 1997, sous la forme de 25 abonnements de soutien de la part de Brenco.

-Du côté angolais, les noms de plusieurs personnalités - non poursuivies - sont apparus dans le dossier : le président Eduardo Dos Santos, qui cherchait à acquérir de l'armement au début des années 1990, le ministre de l'Industrie Joaquim David, l'ambassadeur d'Angola à Paris Eliseo Figueiredo, qui aurait organisé des rendez-vous avec Falcone, le secrétaire du Conseil des ministres Jose Leitao Da Costa, le général Fernando Araujo, conseiller du président Dos Santos, Maria Do Carmo, épouse de M. Leitao, et Alexandre Nuno, cousin de M. Leitao.


Source le Figaro

 

 

 

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