Entretien exclusif avec Monsieur Francisco Xavier Builo

 

Entretien exclusif avec Monsieur Francisco Xavier Builo

 

 

Monsieur Francisco Xavier Builo, Secrétaire Exécutif chargé de l’Organisation du Front de Libération de l’Enclave de Cabinda et Co-président du Forum Cabindais pour le Dialogue a accepté de répondre, en exclusivité,  aux questions de flecnoticias.

 

 

Flecnoticias :

 

Quelle est le décryptage que vous faites de la crise qui vient de finir à créer une nouvelle tendance politique au sein du mouvement indépendantiste cabindais ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Dans cette affaire grave et regrettable, tout le monde parle de tout sans savoir ce qui s’est réellement passé. Eh bien, à travers vos questions et surtout celle-ci, je vais essayer d’éclairer l’opinion sur les vraies raisons des divergences qui ont conduit à la situation dont vous évoquer dans votre interrogation. Au fait, tout a commencé par la défection de Monsieur António Bento Bembe contre les intérêts de notre peuple, je ne m’attarderai pas sur ce cas parce que tout le monde en connais la cause et la suite. Après cette haute trahison de Bento Bembe contre les intérêts du peuple Cabindais, il était de notre devoir de continuer à faire fonctionner les organes du FLEC et surtout de poursuivre les activités de l’équipe des négociateurs du Forum Cabindais pour le Dialogue.

 

Primo, les premières divergences ont surgi lors de la 2ème Session Extraordinaire de Nkhoto Likanda tenue du 3 au 5 février 2006. A l’ouverture de la séance du 4 février 2006, contre toute attente et bravant l’ordre du jour de la Session, le Président Nzita Henriques Tiago a désigné le pasteur Anny Kitembo, sans même le consulter, au poste de vice-président du FLEC alors même que c’était la première fois que celui-ci assistait à une réunion d’un organe du FLEC. Il faut rappeler ici que le Pasteur Anny Kitembo était ou est encore « premier ministre » du gouvernement en exil de Monsieur Antonio Lopes. Donc, après cette position surprenante soutenue  par le Président Nzita, les cadres de l’ancien FLEC/FAC notamment moi-même et Messieurs Antoine Nzita, Jacques Gieskes, André Quinta Ngaca et Madame Virginie Mouanda , présents à la réunion se sont opposés à cette décision du Président Nzita, à l’exception de Messieurs Joël Batila et de Martinho Lubango. Après un long débat vif mais courtois, c’est finalement Monsieur Anny Kitembo lui-même qui a décliné la proposition faite par le Président Nzita. Bien entendu que le Président Nzita n’avait pas du tout apprécié le fait qu’il ait été empêché d’imposer Monsieur Kitembo à la vice-présidence du FLEC. De même, Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango n’ont pas apprécié non plus. Pour être franc, le pasteur Anny Kitembo lui-même était un peu réservé et avait parfaitement compris l’enjeu du débat. Depuis cet accroc, les relations dans la Direction du Mouvement étaient tournées à l’hypocrisie, le Président Nzita s’étant rapproché plus de Batila et de Martinho Lubango et méprisant cordialement les autres membres de l’ancien FLEC/FAC Europe.

 

 

Secundo et en ce qui concerne le réaménagement du Forum Cabindais pour le Dialogue, le Bureau Politique du FLEC ainsi que la Direction de la Société Civile Cabindaise, les deux partenaires au sein du Forum Cabindais pour le Dialogue, ont alors décidé ensemble de réorganiser le fonctionnement de cette Institution d’abord  par la désignation d’un Secrétaire Exécutif avec comme mission de coordonner les activités du FCD et d’en assurer le bon fonctionnement et ensuite par la désignation d’un Collège Présidentiel composé des cinq personnalités dont j’en fait partie et avec pour rôle essentiel de superviser le suivi de l’exécution du programme du FCD. Après la restructuration de l’équipe du FCD, il était logique de le signifier à notre facilitateur, le Kreddha et auprès de nos autres partenaires étrangers d’autant plus que ceux-ci ont demandé que le FCD puisse élaborer un projet des propositions fixant les grandes lignes de notre position politique en vue de négociations pour la définition du futur statut politique et juridique du Territoire du Cabinda.

 

 

Le FCD avait déjà une ébauche de ce projet qui a été initiée lors de son tout premier Séminaire tenu à Brazzaville en février 2005. Cette ébauche du projet était ensuite adressée à la Direction politique du FLEC et à la Direction de la Société Civile pour approbation. Ensuite, le projet fut enrichi et développé à l’intérieur du Cabinda et a été renvoyé au Secrétariat Exécutif du FCD qui l’a présenté au cours de la réunion du Bureau Politique tenue du 6 au 7 août 2007. Dans le déroulement de cette réunion, la lecture du projet y a été faite en présence du Président Nzita Tiago et Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango ont présenté un autre projet dont la lecture a été faite également. C’est bien Monsieur Martinho Lubango qui dira à la fin du débat que les deux projets se ressemblaient et que nous devrions seulement raccommoder certains mots et avoir un projet unique. Et cela a été approuvé par tous et en présence du Président Nzita Henriques Tiago. Maintenant, il appartenait à Monsieur le Secrétaire Exécutif du Forum Cabindais pour le Dialogue de se ressaisir du projet, de convoquer un séminaire du FCD dans le but d’ affiner le projet avant qu’il ne soit de nouveau présenter à l’approbation du Bureau Politique du FLEC et de la Direction de la Société Civile Cabindaise. Tâche à laquelle Monsieur António Nzita Mbemba , Secrétaire Exécutif du FCD, s’est attelé en convoquant un Séminaire du 10 au 12 novembre 2006 à Dison en Belgique et ce, après avoir consulté et obtenu l’aval des quatre sur cinq co-présidents du FCD(Agostino Chicaia, père Raul Tati, Francisco Xavier Builo et Crisóstomo Macanda). Il faut préciser ici que le choix d’organiser cette réunion en Belgique était motivé par le fait que Monsieur Martinho Lubango, co-président du FCD, pouvait se rendre en Belgique sans visa alors qu’un visa lui aurait été exigé si la réunion aurait eu lieu à Paris. Les invitations ont été adressées aux membres de l’équipe du Forum le 25 octobre 2006 et à cette même date, Monsieur le Secrétaire Exécutif du FCD a adressé une lettre officielle à Monsieur Nzita Henriques Tiago, Président du FLEC pour l’informer de la tenue de ce Séminaire en y enjoignant une copie authentique de la Convocation. C’est à partir de ce moment là que Messieurs Batila et Martinho Lubango, par ailleurs membres de l’équipe du FCD, ont commencé à s’agiter négativement pour que le Séminaire ne puisse avoir lieu. Ils ont aussi influencé négativement le Président Nzita en lui faisant croire que le Séminaire de Dison était organisé pour monter un complot contre lui en vue de le destituer. Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango ont, de surcroit, pris contact avec notre facilitateur, le Kreddha pour le dissuader de ne pas tenir compte de ce Séminaire. Finalement, le Séminaire a bien eu lieu avec la participation des membres de l’équipe du FCD en Europe, à l’exception de Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango, et avec aussi et surtout avec la présence de deux observatrices internationales. Il faut préciser ici que d’autres membres du FCD/Afrique ont participer au débat par téléphone.

Nous avons alors assidûment travailler pendant ces deux jours au cours desquels nous avons fait une analyse exhaustive et objective du texte du Mémorandum que le Gouvernement de Luanda a imposé à Monsieur Bento Bembe, nous avons ensuite étudier et affiner l’avant projet de proposition, nous avons aussi fixé un programme chiffré des activités du FCD et enfin nous avons élaboré le projet d’une Charte ou mieux d’un code de conduite du FCD. Tous ces documents ainsi élaborés, devraient, par la suite être soumis à l’approbation du Bureau Politique du FLEC et à celle de la Direction de la Société Civile Cabindaise. Le Secrétaire Exécutif du FCD s’est alors chargé d’adresser les copies de ces documents aux deux partenaires au sein du FCD. Il faut préciser ici que pour la Direction du FLEC, à partir du moment où Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango ont fait croire au Président Nzita que la réunion de Belgique était organisée pour monter un complot de destitution contre lui, il était pour nous difficile de donner le rapport du Séminaire au Président Nzita, d’autant plus que si nous suivons la logique, nous ne pouvions pas lui faire un compte rendu d’une réunion pour laquelle nous avons été accusés de comploter contre lui.

C’est pour cela que nous avons préféré envoyer le rapport directement à la base, c’est à dire, au vice-président du FLEC qui est parfaitement entouré des cadres de l’intérieur membres du Bureau Politique du FLEC et nous avons aussi fait la même démarche auprès de la Société Civile Cabindaise. Maintenant, en ce qui concerne proprement le FLEC, nous avons sollicité auprès du Président Nzita Henriques Tiago, la convocation d’une réunion du Bureau Politique pour faire approuver et adopter l’avant projet et tous les autres documents issus du Séminaire de Belgique. Sollicité par Monsieur Jacques, Secrétaire Permanent du Bureau Politique, le Président Nzita Tiago a d’abord accepté de signer la Convocation et ensuite, il s’est rétracté sans aucune explication.

Mais comme plus de ¾ des membres du Bureau Politique étaient favorables à ce que la réunion puisse se tenir, le président a dit alors à Monsieur Jacques Gieskes de signer la Convocation de la réunion. Ce que celui-ci a fait et la réunion du Bureau politique s’est tenue du 9 au 10 décembre 2006.

 

Cinq jours avant la tenue de cette réunion, la Direction politique et militaire du FLEC à l’intérieur du Cabinda nous avait fait parvenir ses conclusions et contributions, après analyses et amendements ,des documents que j’ai cités ici haut. Au fait l’intérieur à fait quelques amendements sur l’avant projet et a approuvé intégralement le programme et la Charte du FCD. Deux jours avant la tenue de la réunion du Bureau Politique à Paris, le Chef d’état major général des FACUS a demandé à Monsieur Antoine Nzita Mbemba, d’aller présenter le rapport du Séminaire du FCD tenu à Dison(Belgique) au Président Nzita Tiago. Le samedi 9 décembre 2006, Monsieur Antoine Nzita s’est bel et bien rendu à la résidence du Président Nzita Tiago vers 10 heurs et y restera jusqu’à 12 h 30’ à peu près, selon ses dires. Là, Monsieur Antoine Nzita va lire le rapport en face du Président Nzita Tiago et ce dernier dira à Antoine que votre réunion là du Bureau Politique, moi j’y serai seulement pour vous dire un seul mot. Antoine est allé alors à l’hôtel où la réunion devait se tenir et a demandé à Jacques Gieskes d’aller, en voiture, chercher le Président Nzita. Arrivé chez le Président Nzita vers 14h 30’, Jacques Gieskes sera surpris du fait que le Président Nzita lui ai dit qu’il lui propose de prendre la place d’Antoine au sein du FCD. Quand ils arrivent ensemble à l’hôtel, Jacques Gieskes va demander à Antoine s’il était au courant de cette position du Président Nzita. Antoine va lui dire que non et qu’il était lui-même surpris parce qu’il venait d’être aussi avec le Président et celui-ci ne lui a rien dit de cela. Alors, nous rentrons à la réunion du Bureau Politique vers 16h et avec la présence de 10 membres du Bureau Politique, les cinq autres se sont excusés pour diverses raisons(Martinho Lubango n’a pas eu semble-t-il son visa pour la France). Un ordre du jour ordonné de la réunion a été établi et à l’ouverture de la réunion, le Président Nzita dit qu’il n’a pas l’intention de rester à la réunion jusqu’à sa clôture et exige que l’ordre du jour de la réunion soit inversé, alors même que le premier point inscrit à l’ordre du jour prévoyait un débat fraternel et démocratique pour crever l’abcès de la crise interne du mouvement et laver ainsi les linges sales dans la famille afin de travailler dans la sérénité. Ignorant complètement cet aspect de chose, le Président Nzita Tiago a donc tout de suite exigé qu’Antoine Nzita puisse faire la lecture du rapport du Séminaire de Dison/Belgique. Monsieur Antoine Nzita va alors faire la lecture du rapport pendant une trentaine de minutes. Ensuite, le Président Nzita a demandé à tous les participants d’exprimer leur points de vues sur ce travail. Tous ont félicité le travail accompli. Et reprenant la parole, le Président Nzita dira qu’il proposait qu’Antoine puisse quitter le FCD, remettre la responsabilité du travail à Jacques Gieskes et aussi remettre toutes ses fonctions(Représentant en France et membre du Bureau Politique) dans le FLEC à Monsieur Joël Batila et que lui, le Président Nzita avait besoin d’un Ambassadeur itinérant et il a proposé qu’Antoine occupe cette fonction. C’est là Qu’Antoine a demandé la parole pour s’adresser au Président Nzita, avec émotion et vigueur. Dans son intervention, Antoine n’a jamais insulté le Président Nzita Tiago, mais il est vrai que dans un élan de frustration et de dépit profonds plus que celui de colère, il a frappé le bras sur la table. Il a dit qu’il acceptait le poste d’Ambassadeur Itinérant et qu’il gardait toutes ses autres fonctions d’autant plus que ces fonctions lui ont été attribuées d’une manière consensuelle par le Bureau Politique du FLEC et par la Direction de la Société Civile en ce qui concerne le FCD. Il s’en est suivi un débat vif dans la salle et le Président Nzita, Messieurs Batila et Kimbakala ont quitté la salle. Les autres membres du Bureau Politique ont poursuivi la réunion après avoir consulté et obtenu l’aval de la Direction Politique et militaire à l’intérieur.

Par conséquent, les documents soumis à l’approbation du Bureau Politique ont été adopté en y incluant les amendements suggérés par l’intérieur.

Vers la fin du mois de février 2007, Monsieur Jacques Gieskes consulte, de nouveau, le Président du FLEC pour lui proposer de convoquer une nouvelle réunion du Bureau Politique dans le but de régler des conflits internes qui minent le bon fonctionnement de ses organes. Le Président Nzita rejette cette proposition et s’appuyant sur l’article 17 alinéa 3 des Statuts du FLEC, Monsieur Jacques Gieskes convoque la réunion du Bureau Politique puisque plus ¾ de ses membres y été favorables. Avant la tenue de cette réunion et comme c’est coutumier, la Direction du Mouvement à l’intérieur nous a fait parvenir sa position et ses contributions sur les points inscrits à l’ordre du jour.

 

 

Le Président Nzita n’est pas venu à cette réunion et a fait, tout de même, parvenir un message aux participants par l’intermédiaire de Monsieur Kimbakala qui est arrivé très en  retard à la réunion et qui n’arrêtait pas de faire de va et vient entre la salle de la réunion et l’extérieur pour des histoires personnelles sans véritablement assister à la réunion. Messieurs Batila et Martinho Lubango se sont aussi absentés volontairement sans aucune raison.

C’est au cours de cette réunion tenue du 3 au 4 mars 2007, qu’il a été projeté des actions diplomatiques du FLEC et du Forum Cabindais pour le Dialogue auprès des certains pays occidentaux parmi lesquels les Etats-Unis d’Amérique. Comme le Président Nzita et Messieurs Batila et Lubango étaient absents de la réunion, le point relatif aux divergences internes ne pouvaient-être débattues puisque ces derniers étaient aussi des acteurs principaux de ces malentendus.

Tout de même, le rapport de cette réunion a été envoyé au Président Nzita et à tous les membres du Bureau Politique sans exception. Effectivement, après cette réunion, des contacts diplomatiques ont été conduits comme prévu et nous avons obtenu un rendez-vous d’audience à Washington aux Etats-Unis. Après notre retour des Etats Unis d’Amérique, nous avons trouvé toute une montagne des mensonges et des diffamations contre nous et publiés sur internet disant que c’est le Gouvernement angolais qui nous a payé le voyage et qu’à Washington nous avons reçu l’argent des multinationales pétrolières américaines en leur vendant toute la région de Centre du Cabinda. Et le Président Nzita lui-même a cru et continue de croire à ces affabulations. Je pose la question suivante, quand Messieurs Joël Batila et Martinho Lubango s’étaient rendus à Taïwan au mois de novembre 2006, personne ne les avait accusés d’avoir reçu l’argent des angolais pour faire ce voyage, ce qui est sûr ce que ce n’est pas le FLEC qui avait payé leur déplacement. Ensuite, nous n’avons jamais reçu aussi le rapport de la mission qu’ils ont effectuée dans ce pays. Et pourtant, nous en n’avions jamais fait une affaire d’Etat ni le Président Nzita lui-même d’ailleurs.

 

 

flecnoticias :

 

On vous accuse de ne pas avoir prévenu ou informé le Président Nzita au sujet de ce voyage, qu’en dites-vous ?

 

 

Francisco Xavier Builo :

 

Comment voulez-vous que nous puissions le prévenir ou l’informer, comme vous le dites, quand lui-même ne voulait plus nous voir et nous écouter. Et déjà, son nouvel entourage a commencé de nous accuser gratuitement d’être de connivence avec le groupe de Bento Bembe et de recevoir l’argent du MPLA. Le Président Nzita Tiago étant désormais entouré des gens imprévisibles et incontrôlables, pour protéger la confidentialité de notre devoir et de nos missions, nous avons conclu de ne rien dire et d’informer uniquement la Direction du Mouvement à l’intérieur. Donc, je veux préciser que toutes nos démarches ainsi que tous nos travaux ont été accomplis avec l’aval et sous l’autorisation de la Direction à l’intérieur du Cabinda. Nous n’avons rien fait par nous mêmes. La Direction de la Société Civile Cabindaise aussi était informée et reste informée de toutes nos démarches dans le cadre de notre partenariat au sein du FCD. Et ces démarches sont faites dans l’intérêt de rechercher les voies et moyens de parvenir à de négociations avec les autorités angolaises. Ce n’est pas un crime que de travailler pour la paix sans renier ses convictions, parce que je suis personnellement pour l’indépendance du Cabinda.

 

flecnoticias :

 

Et pourtant, on vous accuse d’être autonomistes ?

 

 

Francisco Xavier Builo :

 

Des personnes qui font une telle fausse propagande sont aujourd’hui parfaitement identifiées. Ils se sont approchées du Président Nzita Tiago pour nous diviser et malheureusement, Monsieur Joël Batila est tombé dans le piège et a amené avec lui le Président Nzita Tiago dans ce piège. Observez-vous bien l’entourage actuel du Président Nzita, ce sont des gens qui sont des anciens du FLEC/Rénové et des membres du groupe d’Antonio Lopes. Et certains, parmi eux, ont des mauvaises réputations. C’est quand même étonnant et incompréhensible que le Président Nzita soit ainsi manipulé par un groupe des gens qui n’ont jamais contribué à l’émancipation du travail diplomatique du FLEC. Vous parlez d’autonomistes, eh bien, c’est bien moi qui vous parle qui ai fait admettre le Cabinda dans UNPO. Quand vous entendez qu’il y a des délégation du Cabinda qui vont assister à Genève au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, c’est moi qui ait ouvert cette porte et si nous avons eu le Kreddha comme facilitateur, c’est le travail que nous avons effectué ici en Hollande.

Il y a tant d’autres actions que je me réserverai de ne pas exposer ici. J’affirme et je confirme que je suis indépendantiste et avec moi, tous les autres cadres du mouvement qu’on accuse honteusement et mal intentionnellement d’être des autonomistes. Indépendantistes, oui nous le sommes, la question c’est de savoir comment on arrive à cette indépendance. Nous y travaillons pour, et nous ne baisserons pas nos bras à cause de ces accusations tendancieuses et non fondées . Il n’y a que ceux qui ne travaillent pas qui accusent les autres.

 

flecnoticias :

 

Pourquoi étiez-vous alors opposés à la désignation de Monsieur Anny Kitembo au titre de vice-président du FLEC ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Nous n’avons rien contre la personne du pasteur Anny Kitembo, le problème, c’est ce que je viens de vous relater à votre première question. Nous ne devrions pas admettre que les Statuts du FLEC soient ainsi violés. Ce n’est pas que nous étions contre le Président Nzita ou encore contre le pasteur Kitembo. Nous avions alors expliquer qu’avant la désignation d’un vice-président, il fallait procéder à de modifications importantes des Statuts du FLEC qui stipulait, en ce moment là, que le Secrétaire Général du FLEC était de droit vice-président. Il fallait donc et d’abord séparé la fonction du vice président de celle du Secrétaire Général et ensuite repartir leurs attributions respectives. D’ailleurs, après une explication franche que nous avions eu avec le pasteur Anny Kitembo, il a compris l’importance de l’enjeu et de notre position et il a même déclaré par la suite que nous l’avions sauvé d’une situation embarrassante. Si le pasteur Kitembo, qui pratique la parole de Dieu, est honnête, il va vous confirmer ce que je viens de vous dire.

 

flecnoticias :

 

On dit que vous avez eu l’impolitesse de dénommer ou de qualifier de Bourguiba le Président Nzita, est-ce vrai ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Ecoutez, à ce que je sache, le Président Bourguiba fut le plus grand pionnier de l’indépendance de la Tunisie et un panafricaniste éclairé.

Moi, personnellement, je serai fier d’être identifié à ce Grand Monsieur de l’histoire de l’Afrique. Maintenant, il y a des gens, encore une fois, bien identifiées, qui ont faire croire au Président Nzita que c’était par rapport à son âge avancé et qu’il était dépourvu du contrôle de ses facultés intellectuelles.

C’est ignoble d’entretenir de telles manipulations. Il est étonnant de constater que c’est le pasteur Kitembo qui est à l’origine de cette amalgame  malveillante. Une personne qui professe la bonne parole et la paix entre les humains ne peut pas se permettre d’être un rapporteur de sujets inutilement polémiques et puérils.

 

 

flecnoticias :

 

Monsieur Nzita Henriques Tiago a quitté le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda pour former le Front de Libération de l’Etat du Cabinda, quelle est votre opinion à ce sujet ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Je crois franchement et avec bien des regrets que c’est une faute grave que l’histoire jugera un jour. Je respecte beaucoup le Président Nzita, je ne pouvait jamais imaginer qu’il puisse arriver à ce retournement injustifiable. J’en souffre profondément.

Bref, nous avons choisi de continuer avec le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda, c’est cela l’essentiel pour préserver tous les sacrifices que le Président Nzita Tiago a consenti dans sa vie auprès des maquisards pour défendre le droit du peuple cabindais à l’indépendance.

 

 

Flecnoticias :

 

De quelle légitimité disposez-vous pour agir au nom du Peuple Cabindais ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Il est clair que dans la démocratie, la légitimité découle du suffrage universel. A ma connaissance, le Peuple du Territoire du Cabinda n’a pas la possibilité aujourd’hui d’élire démocratiquement ses Représentants. C’est sûr que nous nous exprimons tous au nom du Peuple Cabindais, ce qui d’ailleurs très logique parce que nous faisons aussi partie de ce Peuple. Nous travaillons tous pour l’objectif final qui est l’indépendance de notre Territoire. Une fois les conditions réunies, le Peuple Cabindais sera appelé à s’exprimer par vote pour désigner ses Représentants. A mon humble avis, nous n’accepterons pas qu’une dictature vienne régner au Cabinda. Le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda, c’est le Peuple Cabindais dans son combat  pour la reconnaissance de ses droits légitimes sur la terre de ses aïeux. Le fait d’être cadre ou membre du mouvement, c’est en soi une marque de responsabilité et de légitimité que le Peuple ne nous renie pas.

 

 

 

flecnoticias :

 

Et la dissolution du Forum Cabindais pour le Dialogue par le Président Nzita Tiago, comment vous l’avez ressentie ?

 

Francisco Xavier Builo :

 

Là aussi et franchement, c’est incompréhensible et illégale. Le Statut constitutif du Forum Cabindais pour le Dialogue n’a pas conféré au Président du Front de Libération de l’Etat du Cabinda la prérogative de pouvoir dissoudre le Forum Cabindais pour le Dialogue. Pour que le FCD soit dissout, il faut au préalable que ses composantes, qui sont le Front de Libération de l’Enclave du Cabinda et la Société Civile Cabindaise, se soient mises d’accord ou alors dès que la mission qui a été confiée aura été accomplie.

Et puis, nous avions mise en place le FCD pour donner une bonne image des forces vives cabindaises auprès de nos partenaires étrangers, preuve que nous avons constaté lors de nos contacts avec ceux-ci. Avec cette attitude du Président Nzita Tiago, comment voulez-vous qu’on puisse nous prendre au sérieux.

Pour nous, le Forum Cabindais pour le Dialogue reste l’unique Institution représentative du Peuple Cabindais et le seul interlocuteur valable et capable d’engager le dialogue avec l’Angola comme cela est bien précisé dans son Acte constitutif.

 

 

flecnoticias :

 

L’entourage actuel du Président Nzita Tiago a fait courir des informations selon lesquelles Antoine Nzita serait mêlé dans un complot visant à assassiner son père, qu’est-ce vous en savez ?

 

 

Francisco Xavier Builo :

 

C’est absurde et méprisant. Pour avoir travaillé avec Antoine pendant déjà une vingtaine d’années, je connais le sentiment d’admiration et de considération qu’il observe envers son père dans cette cause cabindaise. C’est très rare de trouver de leaders dont de fils ou de famille s’engagent bénévolement à leurs côtés pour les soutenir dans le combat politique et je pense nous avons eu cette chance au Cabinda. Dans quel intérêt Antoine ira comploter contre son père pour l’assassiner ? Que ce soit au niveau du FLEC ou encore au niveau de la famille Nzita, quel est le patrimoine qui serait visé par Antoine pour assassiner son père ? A ma connaissance, il n’y a rien. C’est de la pure manipulation ou mieux, c’est la pire des manipulations qui a réussi à séparer Antoine de son père. C’est douloureux, mais je peux vous affirmer que la conscience d’Antoine est tranquille et la réalité ce que Antoine ne souhaite pas que le combat mené par son père tout au long de sa vie ne soit livré à des infiltrés et des opportunistes. Nous savons qu’il y a beaucoup de gens qui sont cachés derrière ce coup monté de toute pièce avec le déferlement de la presse et la fabrication de faux documents publiés sur internet pour nuire à l’intégrité morale d’un cadre qui a fait ses preuves dans le dévouement et le sacrifice. A ce que je sache, Antoine a déposé une plainte auprès des institutions judiciaires en France pour clarifier cette affaire. Ce qui est révoltant et étonnant ce que le Président Nzita croit lui-même et fermement à ces bobards. Après notre retour de Washington, Antoine a sollicité un rendez-vous à son père pour dissiper toutes ces affaires. Le Président Nzita a purement et simplement refusé de le rencontrer. Si c’était vrai que son fils veut le tuer, pourquoi ne porte-t-il pas plainte contre cela ? pourquoi ne porte t-il pas plainte contre la soit disant « société Silver » dont on a affirmé qu’elle était en contact avec Antoine pour préparer son enlèvement ?

Voilà, je vous remercie beaucoup.

 

 

 

          

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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